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Ma sélection Instagram #2

Après ma première sélection de l’été dernier, voici ma sélection de quatre comptes Instagram que je regarde souvent! De super photos, des inspirations lectures ou des trucs de maman. Instagram est encore et toujours une mine d’or et si souvent ces îlots de poésie et de vie sont connus et reconnus, il n’empêche que je ne m’en lasse pas!

D’abord les livres. Vous connaissez ma passion pour les bouquins en tout genre et mon amour pour la caféine, il est  – sans surprise aucune – normal que j’aille piocher des idées lectures chez @booksandblackcoffeee ! J’aime ses photos, la mise en avant des livres et de ses lectures !

bookandblackcoffee

 

Le compte @placherquicraque est une tuerie! Je trouve les photos dingues, l’esthétique géniale et il y a là des idées lectures à piocher !

plancherquicraque

Évidemment, après les livres, viennent…les bébés ! Jeune maman comme moi, j’aime beaucoup le compte de @justinemgt ! La bouille trop chou de sa fille à croquer, des anecdotes de maman, un joli quotidien qui me permet de voir ce qui m’attend !

justinemgt

Enfin, un compte qui me plait beaucoup celui de @mamanharley , une maman qui partage avec nous son chemin de maman et la bouille de sa fille! Là encore, cela me prépare doucement au futur très proche des progrès de mon petit bout.mamanharley

BONUS :

J’adore la librairie Mollat, j’y passe pas mal de temps quand je suis chez les parents (ou à chaque visite chez ma soeur). Si Holly va chez Tiffany’s quand elle a le blues, moi je vais chez Mollat…et si je ne peut m’y rendre m’y rendre, je vais regarder leur galerie de portrait fantastique sur leur  Instagram.

mollat

 

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Mémoire de fille – Annie Ernaux

C’est mon premier Annie Ernaux malgré les nombreux conseils de lecture, je n’ai succombé que maintenant. Le titre, je crois, m’a appelée, comme un échos à Mémoire d’une jeune fille rangée. Et la 4ème de couverture, un événement fondateur comme l’Amant de Marguerite. C’est à ces choses que j’ai pensé – avec ravissement.

L’une des choses qui m’a frappée à la lecture c’est que nous pouvons relire le livre et y trouver encore des choses intéressantes au sujet du processus d’écriture ou de l’écriture de la condition de la femme à cette époque et de sa douloureuse émancipation. Mais ce qui est raconté tient en quelques lignes :  c’est un fait.

La lecture se déroule comme une conversation. Annie nous raconte son été 1958. L’été de ses 18 ans, ses semaines de monitrice et comment cela l’a marqué. Cet été là, c’est sa première expérience de la sexualité. Elle ne sait pas ce que c’est, ce qui est normal ou ce qui ne l’est pas, les choses, le mouvement la porte. Issu d’un certain milieu social, elle se sent en décalage, pas à sa place et suit le mouvement ne connaissant pas le cadre nouveau dans lequel elle évolue.

Si dans cette expérience et ce qui en découlera, elle racontera l’époque, les années 60, le fossé des générations, le gouffre de la liberté, les mentalités étriquées, l’ascension sociale, la honte, Annie Ernaux raconte également  la solitude et l’isolement de ne pas appartenir à ce groupe qu’elle envie. Un mal encore fréquent aujourd’hui, le propre des relations humaines.

Ce roman raconte et analyse. C’est ce qui me fait penser à une conversation : elle raconte un événement puis analyse l’écriture de celui-ci.  Elle écrit, décrit, découpe et cherche à comprendre. Elle regarde cette fille de 58 qui est elle mais ne l’est plus . Elle alterne alors le « je » et le « elle », recréant une distance nécessaire, se dissociant de cette fille de 58 puis l’épousant à nouveau. Cette fille l’effraie : et si elle était encore là ? Et puis non. Dans les mots, la distance, la déconstruction de l’écriture romanesque, on sent le besoin viscéral d’écrire CE roman, d’écrire la fille de 58. Une thérapie, une délivrance.

Plus que jamais, à la lecture, nous sommes persuadés que l’écriture est un moyen d’évacuer quelque chose ou qu’une chose en nous, nous pousse à verbaliser. C’est au-delà de notre volonté, de nous. Les mots s’échappent seuls, happent,  obligent. L’écrivain est l’obligé des mots.

 »

Mais à quoi bon écrire si ce n’est pour desenfouir des choses, même une seule, irréductible a des explications de toutes sortes, psychologiques, sociologiques, une chose qui ne soit pas le résultat d’une idée préconçue ni une démonstration, mais du récit, une chose sortant des replis étalés du récit et qui puisse aider à comprendre – supporter- ce qui arrive et ce qu’on fait « 

Je ne sais pas si j’ai vraiment aimé, je sus dubitative. Le côté thérapie peut-être. Mais certaines choses ont retenu toute mon attention et prête à méditer notamment le rapport à l’écriture, le processus d’écriture.

BESOS

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Touriste

Cela fait maintenant plusieurs années que je vous parle de ma double culture etc etc … Sans vraiment vous parler du complexe inhérent.

La blancheur de ma peau rivalise avec celle de Blanche Neige, mes cheveux blonds cendrés et les yeux noisettes ne sont pas représentatifs de cette double culture. Si mon prénom ou mon nom ont une sonorité étrangère, rien ne le laisse apparaître et j’ai souvent du me justifier.

L’un de mes premiers jours de prépa, je me suis fait « agresser' » verbalement par une comparse parce que je « jouais » à être arabe. Quand elle a pris connaissances de mes origines, elle fut confuse mais n’en revenait pas. Souvent, on ne croyait pas que mes frères et sœurs étaient bel et bien mes frères et sœurs. On m’a même prise pour la copine de mon petit frère.

Pour en rajouter un peu, je ne parle pas marocain même si j’y vais une fois par an, puisque dans ma famille on parle français. J’ai toujours été frustrée de ne pas pouvoir les comprendre, de rater certaines subtilités, de ne pas pouvoir parfaitement épouser cette double culture. Frustrée de ne pas connaitre l’ensemble des traditions, les contes, les légendes, les auteurs, les mille et une choses qui nourrissent une identité. Frustrée de ne pas parler avec ma grand-mère, frustrée par un fossé contre lequel je ne pouvais pas lutter, une distance pas seulement géographique. Par exemple, c’est cette frustration qui m’a poussée à passer l’option arabe au bac ( 14, svp! #revanche ).

En France, on rit de mon caractère, de mon côté drama, de certains de mes principes ou encore – dans les cas les plus insupportables – on ne comprend pas mon attachement au Maroc, à sa culture. On ne comprend pas ma sensibilité à l’égard de tout ce qui s’y rapporte. Au Maroc, je suis la cousine qui vient en vacances, celle qui a un mode de vie différent, celle qui déroge à certains principes, celle qui a de drôles d’idées. Jamais totalement à ma place, à tout vouloir épouser sans le pouvoir. Avoir l’impression de toujours tout rater là-bas quand je suis ici, ici quand je suis là-bas. Vouloir vivre ici, vouloir vivre là-bas.

J’ai toujours eu besoin de faire valoir cette partie de moi, de mon identité, de ma construction. Je crois que c’est l’une des premières choses que je dis à mon sujet. Je le revendique parce qu’on m’a trop souvent renvoyé à l’impossibilité d’appartenir aussi à cette culture, à ma famille. Alors que dans le cas de mes frères, c’est plus l’impossibilité d’être « français » qui était soulignée.  Alors même quand un copain, pour la blague, me dit que je suis une touriste au Maroc, ça me vexe. Parce que même s’il y a une part de vraie, j’y suis aussi chez moi et je suis blessée parce que c’est toutes ces choses qui ressortent : l’impression de n’appartenir ni à ici ni à la-bas, finalement.

Et maintenant, maintenant que je suis solo, je me dis qu’il va falloir que je trouve quelqu’un qui accepte ça aussi et surtout. Qu’avoir une double culture, ce n’est pas mangé du pot-au-feu et du couscous mais c’est plus complexe. C’est être nostalgique d’un pays dans lequel je n’aurais jamais vraiment vécu, la peur d’y aller, le gouffre de tristesse d’en partir. Ma volonté de vouloir transmettre cette culture à ma fille ( je vous en parlais déjà dans un article relatif au prénom de ma fille), de vouloir apprendre cette langue et ce pays. Vouloir y aller plus souvent pour continuer à tisser des liens avec ma famille. Et puis, peut-être ma volonté d’y vivre un jour.

Besos