J’irai cracher sur vos tombes, Boris Vian

Les potes ont souvent dit qu’il fallait lire J’irai cracher sur vos tombes, de Boris Vian. La semaine dernière ayant du temps pour moi même, et ledit livre étant à ma disposition, je l’ai lu.

Boris a écrit ce  » roman » en deux semaines, et pourquoi donc ? Parce qu’un beau jour, Les Editions du Scorpions voulait de lui qu’il écrive un roman à scandale sur les traces des romanciers américains.

Boris a donc plagier les romans américains : violence, ségrégation, gin ( ou whisky) et sexe.

 » _ Qu’est ce qu’il y a à faire dans ce pays lui demandai-je encore.

  _ Rien, dit-il. Il y a des filles au drugstore en face, et du bourbon chez Ricardo. »

Et le plagiat a été tellement bon que le scandale a été égal voire supérieur à celui qui a retentit à la publication du fameux roman de Miller. Les Lettres françaises ont même indiqué que le roman est  » bassement pornographique ».

Tellement que France Dimanche et l’Epoque réclament des poursuites – les mêmes qu’a rencontrées par ces mêmes auteurs plagiés .

Boris est attaqué en justice et est aussi accusé d’un meurtre…par procuration : la presse fait état d’un fait divers, un homme a tué sa maîtresse laissant à côté du cadavre le fameux livre litigieux de Boris. Les poursuites sont finalement suspendues.

Cette anecdote donne un aspect mythique au livre, une force que sans le scandale il n’aurait surement pas eu.

Autant, j’ai été déçue du roman, autant le travail de plagiat a été parfait, sublime …jusqu’à l’affaire « J’irai cracher sur vos tombes  » qui a fait Beaucoup de bruit pour rien ( Shakespeare, i love u baby)

Il n’y a pas beaucoup d’écrits de Vian dont il ne suffise de lire trois lignes anonymes pour dire tout de suite : « Tiens, c’est du Vian ! » 


Evidemment, la 4ème de couverture est drôle ..

Alors les copains me parlaient aussi d’un roman dénonçant la condition des noirs au States.

 « Toute la musique américaine est sortie d’eux (les noirs) » assure Lee, avant d’ajouter « (…) les blancs sont bien mieux placés pour exploiter les découvertes des Noirs. (…) Je ne crois pas qu’on puisse trouver dans Gershwin un passage original qu’il n’ait pas copié, démarqué ou reproduit. Je vous défie d’en trouver un dans la Rhapsody in Blue. » 

Je ne sais pas si on eut véritablement parlé d’un engagement de Boris, d’une véritable position … je trouve surtout que ce qui ressort c’est le goût très prononcé de Boris pour la musique et derrière le mépris de Boris pour le racisme ambiant.

Et quant aux scènes de sexe entre les jeunes filles de 15 ans et  la pédophilie, relevant du fantasme…c’est « choquant » mais surtout ça donne un côté grossier.

Pour ce qui est de l’écriture, les nombreux emprunts à la langue américaine tentent de donner une certaine crédibilité au roman dans un certain souci de véracité.

L’écriture est acérée, très proche du style cinématographique. Et il faut reconnaître que ça marche plutôt bien, Boris est doué dans l’art du suspens ou de la mise en scène.

Loin des romans typiques de Boris Vian, les livres de la série « Sullivan » m’ont peu convaincue.

Mais il faut reconnaître le second degré, la petite blagounette … du moins, j’espère vraiment qu’il en a été ainsi dans l’écriture du roman. Outrancier, est le mot le plus retenu pour le roman. Un peu comme nos romans de gare.

 

Lee Anderson aurait pu être OSS 117.

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