L’insoutenable légèreté de l’être, Kundera

Kundera, tout un chacun m’en parlait et trouvait ça bien, alors je flippais un peu de le lire comme si je n’étais pas à la hauteur. Stupide moi.

Et puis, cet hiver alors que je me promenais à Rabat avec mon super copain Monsieur M. qui allait acheter le journal, je cherchais un livre à lire. Je venais de finir L’Immeuble Yacoubian de Al Aswani, et il me conseilla de lire L’Insoutenable légèreté de l’être de Kundera. Il m’a même dit qu’il était sur que ça me plairait.

Là dessus, je lui fais confiance et aussi parce que j’étais à des milliards d’années lumière de la maison, j’ai cédé et j’ai acheté ce livre, 111 dh.

Et évidemment, j’ai réellement aimé. Genre vraiment.

Kundera a quelque chose de destructeur dans son écriture, il nie le roman alternant les moments de récits et les moments où il discourt, commentant. Il casse le roman, il annule la fiction rappelant le réel, l’écriture. Il ne laisse pas le lecteur en paix. On peut ainsi lire des phrases comme la suivante, au milieu du récit : » Nous croyons tous qu’il est impensable que l’amour de notre vie puisse être quelque chose de léger, quelque chose qui ne pèse rien […] »

Kundera interpelle son lecteur, ne le laisse pas se reposer ou imaginer, il le rappelle à l’ordre, à la réflexion. Il  partage ses pensées, sa réflexion :

 » Notre vie quotidienne est bombardée de hasards, plus exactement de rencontres fortuites entre les gens et les évènements, ce qu’on appelle des coïncidences […]

 […] Elles sont composées comme une partition musicale. L’homme, guidé par le sens de la beauté, transforme l’évènement fortuit en un motif qui va ensuite s’inscrire dans la partition de sa vie. »

Le roman traite de deux thèmes la légèreté et la pesanteur. Une légèreté qui devient insoutenable ou une pesanteur qui est ridicule, dans les deux cas, il s’agit d’être attaché, de l’accepter ou de le nier. Il s’agit du rapport au monde, étrangement, Kundera tend à uniformiser l’Homme autant qu’il le singularise par ce rapport au monde, particulier à chacun .

 » Elles étaient heureuses d’avoir rejeté le fardeau de l’âme, cette illusion de l’unicité, cet orgueil ridicule, et d’être toutes semblables. »

 » Le corps était une cage et, à l’intérieur, quelque chose regardait, écoutait, s’effrayait, pensait et s’étonnait; ce quelque chose, ce reliquat qui subsistait, déduction faite du corps, c’était l’âme. »

Entre légèreté et pesanteur, il s’agit surtout de faire partager une certaine conscience de la condition humaine.

Mais ce n’est pas tout, Kundera a une écriture magnifique, le roman se dévore, c’est beau, poétique. Le tout se déroulant sous un fond d’invasion Russe.

Le discours lourd, l’écriture légère.

Je veux le lire aussi:

kundera


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