L’Art de la Joie – Goliarda Sapienza (2)

Le roman est publié en 1996 mais cela faisait vingt ans qu’il était écrit soit 1976 . Le roman véhicule une vision particulière de l’amour . L’amour y est vu comme une illusion mais aussi comme une sensation de plénitude :

 
 » Une tendresse jamais connue auparavant me faisait être tranquille au milieu de ces arbres qui tournaient autour du soleil, sûre de ne pas sombrer. »
Ce sentiment d’amour n’est pas que tranquillité, il est aussi angoisse. On retrouve aussi la fameuse distinction entre aimer et désirer au détour de phrase comme
 » J’aime Carlo et ma nature te veut ».
 
Mais ce que le roman a de plus impressionnant, de plus fort, ce qui m’a impressionée un peu, c’est cette faculté pour Modesta de tomber amoureuse, de ne plus aimer, d’être aimée et surtout de ne pas sacraliser l’amour, de ne pas le rendre éternel.
Cette idée de l’amour éphémère me rend dingue de joie, peut être parce que je suis instable et que l’idée d’un amour éternel s’avère incompréhensible ou encore parce que la peur de me tromper sur l’homme de ma vie ou la femme, que sais je, me fous une pression monstre.
« Pensez que je suis un lâche si vous voulez, mais ne m’en veuillez pas,
 car je vous ai aimé pendant une heure ! »
 
Il est certain que sacraliser l’amour ça rend les choses de la vie plus complexes et moins saisissables! Mais, il faut croire que l’idée que l’amour est une maladie qui nous tombe dessus, est encore présente dans nos inconscients, ce qui donne une certaine gravité qui effraie!
– » Eh bien, ce garçon là, j’aurais pu l’aimer si je n’avais pas penser à toi.
– Quelle découverte ! Tant pis pour lui s’il n’a pas su être à ma hauteur.
– Maudit que tu es ! Voilà ce que je voulais t’entendre dire. Alors, si après toi je ne trouve personne à la hauteur?
– Tant pis pour toi si tu ne sais pas le trouver ! »
 
Voilà, ce n’est pas grave. L’amour, ce n’est pas grave. Il y en a d’autre ! On peut aimer plusieurs fois ! Et puis, voilà, on y est dans ce dialogue, l’amour n’est plus une maladie qui nous tombe dessus, l’amour se cherche, se trouve, répond à des expériences, des rencontres, l’amour se construit et pourtant il reste une part de mystère.
Et justement, ce qu’il y a de fou c’est que malgré cela, l’amour garde son magnétisme, son mystère. On est attiré pour on ne sait quelles raisons, on peut être passionné et totalement irrationnel.
Publicités

4 commentaires

un petit mot? une bavouille?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s