Les Heureux et les Damnés, S.Fitzgerald

 

Comme dans grand nombre de livres que j’ai lu, ce roman peint une réalité morne.
La modernité y est accablante où la question de trouver sa place est liée à l’obligation de travailler ou au refus de grandir.

Grand questionnement sur l’intellectualisme, sur l’humanité ou le sens de la vie.  Les personnages ont peur de ne pas marquer l’histoire, ils sont inquiets de disparaître. Pour la plus part, ils veulent écrire, ils veulent s’éterniser dans l’écriture. Les personnages et notre héros sont totalement perturbés par le sens de la vie, ce que l’on peut en tirer et ça donne cela parfois :

 » Il n’y a qu’une seule leçon à tirer de la vie,
c’est qu’aucune leçon ne peut être tirée de la vie ».

Le roman est tout de même marqué par une sorte d’individualisme et de profonde solitude.
Dans le même temps, on sent les personnages totalement déconnectés de la réalité : ils ont les moyens de survivre sans forcément travailler, sont à l’origine d’un milieu aisé ou compte sur un héritage pour vivre.

 » J’avais échangé la lutte contre l’amour par la lutte contre la solitude,
la lutte contre la vie avec la lutte contre la mort »

Il y a dans le roman très peu de place au raisonnement en tant que suite d’actions logiques et réfléchies. Il n’y a que des sentiments, de l’impulsivité, de la spontanéité. De la folie.
Notre bel héros devient fou d’ailleurs. Une magnifique scène d’ailleurs que cette ultime scène de folie.

Pourtant, on y trouve l’amour de Gloria.

C’est un amour transcendant , dès une rencontre l’amour s’installe. Mais il y a le jeu de la vie, Gloria ne se fait pas avoir facilement, c’est une fille qui aime jouer et plaire, séduire. Entourée de toute une cour d’hommes. Elle fait jouer les jalousies, les sentiments autour d’elle. Alors qu’on peut la penser sans coeur, froide et totalement superficielle dans ces rapports aux autres, on se rend compte que lorsqu’elle aime c’est à la vie à la mort.

Ce personnage qui semble n’avoir rien d’humain semble être la plus humaine, la plus sensée et alors, on l’aime à son tour.

Encore une fois Fitzgie écrit une lovestory de la mort, où l’amour est éprouvant et pas heureux .
L’amour est insensé, dur, fou. Il nous conte l’irrationnel, le fou, l’ultime …

Peut-être parce que Fitzgie s’inspire de sa vie : amoureux de Zelda, trompé, jaloux, alcoolique, Zelda schizophrène, … L’amour n’est pas qu’un long fleuve tranquille pour cet homme.
D’ailleurs, il ne connaissait pas une grande gloire, il vivotait de ses oeuvres bien qu’il ait pu vivre correctement et garantir les meilleurs cliniques à sa femme. On lui reprochait de passer à côté de son temps : la 1ere Guerre Mondiale.

Mais l’art de Fitzgie, c’est d’avoir chaud quand on lit qu’il fait chaud. Il capte les instants et les atmosphère comme personne pour nous les offrir. 
Zelda meurt à Ashville dans l’incendie
du sanatorium où elle est internée; quelques années après la mort de Francis Scott
en 1940.
Publicités

Un commentaire

un petit mot? une bavouille?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s