Sexualité Esthétique

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  » louanges à Dieu, qui a fait que le grand plaisir pour l’homme réside dans l’huis de la femme, et que le grand plaisir de la femme réside dans l’instrument de l’homme (…) »
Muhammad Al-Nafzâwi

Quel nom aguicheur pour un article !

Aujourd’hui, je reviens pour vous parler de  » La Prairie Parfumée où s’ébattent les plaisirs » qui est une sorte de traité de l’érotologie datant du XVe siècle  écrit par Mouhammad Al- Nafzâwi.

Vous me direz un traité d’érotologie mais encore? Et bien, il s’agit là d’un des plus beaux et reconnus textes de langue arabe et pas seulement pour les cours de plaisirs qu’il donne mais surtout pour la beauté de la langue et des contes.

Le texte est composé de différents chapitres sur l’acte d’amour ( conjoindre) qu’il s’agit d’enseigner pour en tirer le plus de plaisir et cet enseignement est accompagné de contes ou de vers.

Il est intéressant de noter que la place de la femme dans ces textes et celle de l’égale de l’homme. Elle peut être dominante, dominée, fourbe ou naïve exactement à l’égale des hommes certains dupes, d’autres faibles, d’autres dominant, d’autres dominés.. conjoindre est l’art du plaisir à deux, les deux partenaires sont donc des égaux, selon Al-Nafzâwî.

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Ce qui est très frappant, c’est que l’on retrouve la tradition orale des contes arabes mais à l’écrit. Très poétique, ces textes font des choses de l’amour un jeu charmant et plaisant. L’auteur écrit en toute naïveté, sans limite ou auto-censure et ne fait pas dans le trash : il n’est pas dans la pornographie. Bien au contraire, il écrit avec l’innocence du vrai, il écrit avec poésie, esthétisme, de rondeur et de drôlerie ce qui explique qu’il n’y ait aucune trace de pudibonderie mais pour autant rien n’y est choquant ou vulgaire.

Dans une région où l’Islam prenait une grande place, cela peut paraître troublant, pourtant il s’agit bel et bien d’une tradition arabe dans laquelle la Religion a une place mais qui n’est pas celle de la censure ni de la privation. Par ailleurs, le plaisir charnel est hors de l’espace-temps, dans un lieu d’absolu où mal et bien n’existe pas, comme déconnecté du monde réel. Ce n’est pas pour autant qu’il s’agit de faire n’importe quoi : le plaisir de la conjonction se trouve dans sa perfection, c’est-à-dire au delà du corps, il faut une harmonie de l’esprit, sociale et religieuse. Il est expliqué que de prime abord, il faut distinguer les hommes et les femmes qui « sont dignes d’éloges » de ceux qui ne le sont pas. Et cela est une expression de la dimension sociale comme religieuse.

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Au delà de l’acte de la conjonction, les contes (r)enseignent sur les conseils pratiques, les règles d’hygiènes comme les soins médicaux, les conseils alimentaires et aphrodisiaques de l’époque et l’on peut percevoir quelque critique de société. Ce qui est un apport d’autant plus intéressant sur les coutumes et pratique de cette époque.

Très bonne vidéo à voir sur le féminisme et l’Islam et bien sur sur l’adaptation au théâtre du livre pré-cité :

http://www.tv5mondeplusafrique.com/video_maghreb_orient_express_16_02_14_3938230.html

 

Bonne journée

 

 

 

 

 

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