En finir avec Eddy Bellegueule – Edouard Louis

eddy

Pour ce roman, je reviens sans vidéo pour vous livrer un pavé…. Ce roman aura marqué l’année 2014 de différentes manières et notamment par de grandes polémiques. Acheté dans l’effervescence, et lu que bien plus tard, je trouve que ce premier roman est un roman d’école. Comme quand mon professeur de Français au collège nous demandait d’écrire « à la manière de ». ( Exercice formidable mais très complexe!)

Le roman est l’histoire d’un jeune garçon qui grandit en opposition contre lui et contre le monde qui l’entoure. Un jeune garçon homosexuel dans un milieu ouvrier et souvent pauvre dans les années 90.

Eddy est un enfant différent des autres, efféminé, dans un monde où les garçons se doivent d’être  « dur ». Il se rend compte très vite, dans le regard des autres, que lui, ne sera pas un dur. Il doit faire face à leurs moqueries, subir des persécutions et entendre chaque jour des injures « pédale »,  » tafiole », « tantouze ». Eddy tente de ressembler aux autres, de nier son penchant pour les garçons, sans succès.

La famille d’Eddy quant à elle, est pauvre, tant financièrement que culturellement. Ses seuls plaisirs sont la télévision ( la roue de la fortune) et les apéros prolongés avec les voisins. La description du logement plus que vétuste et les conditions de vie précaires, sont le quotidien de Eddy.  C’est grâce à l’école qu’Eddy parvient à s’échapper de ce milieu, mais après son collège à l’adolescence.

Il s’agit d’un récit que beaucoup ont qualifié d’autobiographique – l’auteur aussi, lorsqu’il dit  » Eddy, c’est moi ». Pourtant, l’auteur est plus jeune que moi, et ayant passé beaucoup de temps, dans les années 90, dans une campagne reculée de Charente- Maritime au milieu des moutons, de la cheminée et du poêle, j’ai du mal à concevoir un tel fossé entre la Charente et la Picardie de l’époque si ce n’est climatique et « sociale » ( milieu ouvrier vs milieu agricole).

C’est pour cela que je suis assez sceptique lorsque j’entends qu’il s’agit d’une autobiographie. Et en premier lieu parce que le récit est classé dans la catégorie des romans. Je préfère dont croire à un moi romancé. Et cela n’enlève rien à la qualité du roman.

Depuis le 13ème siècle, le roman est une  » oeuvre d’imagination constituée par un récit en prose d’une certaine longueur, dont l’intérêt est dans la narration d’aventures, l’analyse de sentiments ou de passions, la représentation du réel ou de diverses données objectives ou subjectives« . ( Larousse).

Et je trouve que l’on est en plein dans cette définition, un roman d’école quoi. D’ailleurs, les nombreuses intrusions narratives confirment cette distance, cette rupture dans le récit. Et puis, cette subjectivité à lui. C’est son enfance, son ressenti et sa souffrance, c’est, SA vérité romancée.

Edouard est donc un bon élève. Mais, ça on le sait déjà quand on lit son roman. L’écriture est bien travaillé, le récit est percutant et aborde le sujet de l’homosexualité d’un point de vue très intéressant. On peut le rapprocher de Billy Eliott, bien que Billy ne parle pas de sexualité mais seulement de danse, le sujet de la virilité, de la masculinité qui est bouleversé y est abordé avec le même regard.

Pourtant, je trouve que  c’est un peu simple d’opposer culture et pauvreté ( classe ouvrière). Et triste aussi. Parce que la culture n’est pas l’apanage des « classes moyennes et bourgeoises ».

Bonne journée!

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