Le Horla – Sorel

 IMG_0394C’est plutôt compliqué d’adapter une nouvelle fantastique en images, puisque d’après moi, la puissance de la nouvelle fantastique réside dans ce que l’on ne peut rien voir et seulement imaginer.

Avec le Horla qui a déchainé moult passions, nous sommes dans ce cas où le rendu en images est décevant. Il y a eu des courts métrage et maintenant cette BD de Sorel.

Que l’on ne s’y méprenne pas, j’ai adoré cette BD. Les dessins sont fabuleux, très poétiques. Les couleurs sont douces sauf lorsqu’il s’agit de raconter la folie. L’invisible est rendu visible de façon à ce que l’on voit bel et bien qu’il s’agit de surnaturel, d’une créature d’ailleurs, une créature qui peut exister.

Mais le problème, c’est que donner forme au Horla prive le lecteur du doute si nécessaire à la nouvelle fantastique. En effet, le fantastique se définit entre autre sur le doute laissé aux lecteurs en fin de lecture comme avec les si belles nouvelles de T.Gautier.

Mais encore une fois, malgré ce désagrément du à la transposition. J’ai trouvé fascinants les dessins qui retranscrivent avec force les émotions du narrateur, la folie, l’horreur, la peur. Pour ce qui est du texte, on retrouve certaines phrases du texte, parfois arrangées. Le lien avec l’œuvre de Maupassant est permanent, pourtant Sorel prend de la distance notamment par la place que prend le chat au fil des pages.

 

 C’est une adaptation réussie qui bien qu’elle diffère de l’œuvre originale, nous replonge dans un univers énigmatique, dérangeant, perturbant, aux frontières de la folie.

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3 commentaires

  1. Je suis tout à fait d’accord avec toi, le Horla est la première nouvelle fantastique que j’ai lu il y a de ça plusieurs années. Sur le coup, j’ai été fasciné par cet univers, cette peur omniprésente sur laquelle on ne peut mettre que des mots, cette peur redoutable que l’on ne voit pas. Et justement, comme tu l’as si bien dit, c’est le fait d’être perdu, d’imaginer cette créature et de ne pas savoir à quoi elle ressemble qui la rend si effrayante. Il est beaucoup plus difficile de décrire une peur inconnu et sans visage, que de décrire une peur et une phobie sur laquelle on peut mettre une image.
    Cette nouvelle m’avais vraiment touchée et quand j’ai vu qu’une BD était sortie je me suis dit que c’était un pari osé…
    Cette BD est tout de même bien réussi bien que pour ma part je ressente moins ce malaise si présent dans la nouvelle!
    Quoi qu’il en soit je viens de te découvrir et j’adore tes articles et ta façon d’écrire! Cet article pour moi était l’article idéal pour un premier commentaire!!
    Merci pour cet article et tous les autres!!!! 🙂

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