Marguerite Duras

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Je crois qu’elle est devenue un mythe, une sorte de légende.

Elle a quelque chose d’enfantin face au monde, une curiosité pénétrante. Elle veut savoir, elle est moderne, elle veut être dans les idées de son temps. Et elle a aussi une dureté particulière aux enfants. Celle du refus de s’ouvrir,  de l’orgueuil.

Elle essaie, teste et retente et cela sans fin. On a pu le voir avec son cinéma.

J’ai consécutivement lu deux écrits retranscrivant des échanges l’un des échanges entre François Mitterrand et elle-même, Le Bureau de poste de la rue Dupin, l’autre retranscrivant une interview faite par Leopoldina Pallotta della Torre de M.D, il y a 25. Cet entretien est publié aux édition Seuil sous le nom de : Passion suspendue.

                M.D était engagée politiquement, elle fut un temps au PCF mais ce qui retient notre intention c’est notamment son engagement dans la résistance, au côté de Morland. (François Mitterrand  ndlr).

                 Au travers des échanges entre François et Marguerite, on découvre deux vieux amis qui ont vécu des instants marquant de l’histoire comme notamment la résistance :

 «  Je voudrais retrouver l’épisode de la poste de la rue Dupin. Vous y êtes allée pour téléphoner à Marie-Louise, la sœur de Robert, comme vous le faisiez toujours avant de rentrer. Une voix féminine vous a répondu : «  vous faites erreur, monsieur ». Vous avez recommencé à faire le numéro de téléphone de Marie-Louise. La voix a crié «  N’insistez pas, monsieur, puisqu’on vous dit que c’est une erreur. » Alors vous en avez été sûr : la Gestapo était dans l’appartement. Et vous avez encore pris le temps de me téléphoner. Vous m’avez dit qu’il y avait le feu là où vous étiez, qu’il se propageait très vite et qu’il fallait que je parte dans les dix minutes »

                Cet extrait se trouve aussi en 4ème de couverture de «  Le Bureau de poste de la rue Dupin ».

On apprend aussi bien des choses sur François que sur Marguerite. Contrairement à ce que l’on peut s’attendre, il ne s’agit pas exclusivement de politique.  En effet, les deux protagonistes, heureux de se retrouver échangent sur  les évènements de l’époque (le PC, le nucléaire, Mauroy), le monde, la politique, la culture, l’histoire, les voyages, l’art :

En effet, on peut y lire :

«  Encore une fois, c’était la liberté qui enflammait l’esprit. Liberté, libération, vieille chanson qu’entendent si bien les cœurs neufs. Le voyage, l’aventure, le départ. Quitter le milieu auquel on appartient, s’enrichir de toutes les images que l’on récolte – simplement en marchant sur la route, Kerouac a symbolisé ce besoin d’aller où vous portent vos pas, d’échapper au convenu ou au définitif et, qui sait ? à la mort. Evasion intellectuelle aussi, à travers l’évasion physique, attrait de l’inconnu, de l’évasion, oui, s’échapper, échapper. A quoi ? Peut-être à soi. » F.M
L’autre livre, Passion suspendue, est un entretien bien moins politisé quoi que Marguerite ne peut s’en empêcher.
Cet entretien, découvre Marguerite d’une façon nouvelle. On entend sa voix.
Divers thèmes sont abordés notamment son enfance, le théâtre, la littérature….
Y est évoqué son amour pour Robert :
« C’était un amour violent, très érotique, plus fort que moi, pour la première fois. J’ai même eu envie de me tuer, et ça a changé même de faire de la littérature : c’était comme de découvrir des vides, les trous que j’avais en moi, et de trouver le courage de les dire. »
Elle parle aussi de l’alcool :
« L’alcool transfigure les fantômes de la solitude, il remplace  » l’autre » qui n’est pas là, il comble les trous qui se sont creusés en nous, un jour, il y a longtemps. »
Et ne peut aussi de faire un peu de politique, notamment une petite citation sur le féminisme :
 » Je me méfie de toutes ces formes un peu obtuses de militantisme qui ne conduisent pas toujours à une vraie émancipation féminine. Il y a des contre-idéologies plus codifiées que l’idéologie elle-même. Bien sûr, une femme consciente et informée est déjà en elle -même une femme politique : à condition qu’elle ne s’enferme pas dans un ghetto en faisant de son corps le lieu du martyr par excellence. »
Je cesserai les citations de cet ouvrage qui est particulièrement intéressant et qui se lit avec une grande facilité. D’ailleurs, M.D évoque aussi Tchekhov a mon plus grand bonheur :
« La grandeur de Tchekhov des textes jamais saturés, tout comme les miens, où l’action est suspendue, laissée dans son inachèvement. Une sorte de musique du silence. »
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