La Civilisation, ma Mère!…

 Parfois, on conseille une lecture à ses élèves…et c’est nous qui sommes surpris ! C’est ce qui m’est arrivé avec ce livre!

Nous faisons l’autobiographie avec ma classe de 3ème et ainsi, je leur avais conseillé certaines lectures notamment celle-ci. Comme je ne connaissais pas, je l’ai lu…et je l’ai dévorée!

C’est beau !

Vraiment, c’est extrêmement beau! Et poétique. ( vous savez comme j’aime ça!)

On retrouve dans l’écriture, une certaine oralité qui correspond à la tradition arabe de littérature orale dont je vous avais parlé dans ma première vidéo. Cette sorte de tradition familiale d’histoires racontées et encore racontées, toujours améliorées, retravaillées. On retrouve la chaleur du cocon familial de l’auteur dans les tournures des phrases, dans les formulations.

Nous allons à la rencontre d’une femme et de l’émerveillement qu’elle suscite chez ses enfants. Cette femme exceptionnelle qui « grandit », qui sort de l’obscurantisme, de l’ignorance. On assiste à l’éclosion d’une fleur.

Une femme qui apprend avec ses enfants à lire, écrire, connaître le monde et qui s’implique s’y fort qu’elle veut conquérir le monde, faire sa révolution du savoir chez les femmes de son pays et les hommes.

On sent l’amour et la reconnaissance.

On retrouve aussi l’amour pour la connaissance et le savoir. Un éloge de l’apprentissage comme ce qui nous permet d’entrer dans le monde, de le comprendre, d’y prendre pied.

Et le chemin de la mère, raconté par les enfants aimant, c’est aussi le féminisme. Ou plus exactement, la conception de la femme comme une égale de l’homme et sans soumission. Alors nous assistons certes à l’éclosion de cette nouvelle femme mais également à celle d‘un nouvel homme. Un homme qui comprend, qui soutient et qui aiment.

 » – Je veux dire : que penses-tu de ta femme?

– Pourquoi me demandes-tu ça, fiston?

– Si tu me parlais, hein, Pa? ça te ferait du bien. Vas-y, vide ton coeur, je t’écoute.

– Rien que ça? Eh bien, je vais te dire : c’est comme si j’avais épousé une nouvelle femme, que je commence à connaître, tandis que celle que j’avais m’était pratiquement inconnue.

– ça veut dire que tu es content? ou que tu as peur?

– Les deux, mon fils.

– Mais elle a une bonne nature.

– Je te crois.

– Et elle, elle a un nouveau mari?

Il ne m’a pas répondu. Juste fumé. Fumé tout le paquet. »

Ou encore:

« Je m’en rends compte à présent. A la base de toute société, il y a la commune. Et le noyau de la commue, c’est bel et bien la famille. Si au sein de cette famille, la femme est voilée qui plus est, séquestrée comme nous l’avons fait depuis des siècles, si elle n’a aucune ouverture sur le monde extérieur, aucun rôle actif, la société dans son ensemble s’en ressent fatalement, se referme sur elle-même et n’a plus rien à apporter ni à elle-même ni au reste du monde. Elle devient non viable […] »

Ou bien:

 » Pa m’a dit :

– Prends la Bible, l’Ancien Testament, le Nouveau Testament. Prends le Talmud, le Coran, le Zohar, le livre des Hindous. Partout, dans toutes les religions, tu ne trouveras que des hommes. Pas une prophétesse, pas une seule envoyée de Dieu. Nous avons vécu avec cet ordre de choses depuis des siècles et nous n’avons pas eu à nous plaindre, nous, les hommes. Alors quand ta mère s’est mise un jour à remplacer les portes par les fenêtres, j’ai souri. Oui, j’ai souri devant tant d’enfantillage. Je me disais : c’est une mère de famille, mais elle est restée une enfant. Les enfants ont besoin de déverser leur trop plein d’énergie. […] Je me disais : ça lui passera. J’espérais même qu’elle ferait un faux pas, qu’elle se fourvoierait, qu’elle…[…] Or, rien ne lui est passé, elle a continué d’aller de l’avant et je n’ai pas eu à la consoler, à assumer mon rôle de protecteur comme je l’avais espéré. […] Non, mon fils, je n’ai pas eu à me consoler, comme tu dis. Mes yeux s’étaient ouverts, je m’étais brusquement rendu compte que ta mère était, à elle seule, la conscience d’un monde inconscient. »

Et puis l’amour du monde, la bonté. J’adore tout ce qui met en avant un rapport au monde pur et bon, bêtement bon, naïvement bon. Cela me rassure, me console et me fait croire encore et toujours dans l’homme et l’humanité.

 » Je n’ai pas besoin d’être admirée, mets-toi ça bien dans la tête. Il faut que je m’occupe des gens, c’est ma vie. Je ne peux pas, je-ne-peux-pas être heureuse quand d’autres sont malheureux. A quoi me servirait toute ma science? A avoir bonne conscience? Mes idées, mes acquisitions, mes émotions, il faut que je les traduise en actes, pour moi et pour les autres. »

Comment dire? J’ai adoré! ADORE ! Ce n’est pas bien long et c’est très agréable à lire et je suis super enthousiaste quand j’évoque ce livre!

Bon dimanche, les pommes de pins!

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2 commentaires

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