L’Université de Rebibbia – Goliarda Sapienza

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OUPS I DIDI IT AGAIN ! Bon, voilà, j’ai encore succombé à Goliarda!

Que vous dire sur ce roman? Cette fois-ci, Goliarda est en prison. Dans la prison de Rebibbia et elle nous raconte comment cela se déroule. On pourrait croire que c’est ennuyeux à mourir …alors que non! Il y a une histoire, une progression, on s’attache aux différentes personnalités.

Comment vivrait la presse dans ce système de profit, de spectacle : produit délicieux qui se vend au plus haut prix? Pourvu qu’on vendre encore et encore et avec toujours plus de profit maintenant qu’on a épuisé toutes les émotions sentimentales ou pathétiques d’autrefois, il ne reste plus que l’assassinat pour secouer la carcasse émotionnelle d’individus blasés. Et ainsi aujourd’hui seule la vraie mort divulguée à la télévision donne quelques émotions à la masse qui – après un travail inhumain juste pour survivre- va au cinéma ou s’assied devant la télé…

C’est un texte autobiographique qui rend à Goliarda la puissance de son intelligence. Il présente à la fois ses idées sur la liberté, la société et est très actuel sur les questions de féminisme ou d’homosexualité. En fait, l’actualité de la pensée de Goliarda a quelque chose de terrifique et fantastique. Comme si nous nous étions arrêtés dans le temps, que nous ne progressions plus voire que nous régressions.

Le sens de tout ça est que la détenue n’a plus le droit de manipuler l’argent qui, comme nous le savons, est symbole d’autonomie et d’identité, mesure de notre valeur et de notre place dans la société. Un autre coup pour nous faire régresser dans une enfance forcée. Si pour l’homme, habitué à manier l’argent depuis des siècles, cette condition doit être ressentie comme quelque chose d’aberrant ( je ne m’étonne pas que beaucoup y perdent complétement leur personnalité), pour la femme tout cela s’inscrit dans la continuité de ce qu’elle a toujours été : femme d’intérieur ou enfant, comme vous voulez, à laquelle on a toujours dénié à travers l’argent gagné puis dépensé un contact direct avec la réalité du monde.

« Mais j’ajoute, pour lui répondre, à lui qui se présente à moi abattu à faire pitié, que nous savons rendre créative la journée heure après heure, et pas seulement ici à Rebibbia qui au fond est un paradis…Bien sûr, la prison réveille chez nous autres femmes tous les côtés « féminins » que nous sommes en train de chercher à ensevelir; la prison, peut être nous gâte, nous fait régresser…Nous en avons beaucoup parlé avec les camarades quand j’étais à Messine…Mais je dis : est-ce que nous avons raison, nous les femmes, d’enterrer toutes les « qualités » que des siècles d’esclavage ont développé en nous? »

Goliarda fait de son expérience en prison une expérience humaine, intellectuelle et spirituelle. Bien que nous sommes dans la tête de l’auteur, celle-ci n’a pas peur de se dévoiler. Elle se veut vraie, elle assume ce qu’elle a pensé à l’instant T, elle recherche à retranscrire son processus de pensée, ce qu’elle a ressenti… elle cherche à écrire la vie.

Honnêtement, c’est très riche au niveau de la pensée voire de la sociologie sans le côté théoricien de certains textes qui peuvent être un frein…et puis l’humour et la personnalité de Goliarda quoi!

Vraiment, j’adore!

Très bonne journée à vous tous!

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