La Douleur, M.Duras.

  Comme je le disais en commençant cette lecture, j’ai vu le texte joue au théâtre.
Prise aux tripes, captivée. Cette femme, seule sur scène avec une chaise. Sa voix et le texte de Duras.

Décrire l’horreur de l’attente. Savoir. L’horreur du retour. La peur de ne pas reconnaître. Voir la mort, vivante. Voir la vie reprendre ses droits.

« Je suis sur le point de comprendre qu’il n’y a plus rien de commun entre cet homme et moi »
Glaçant, terrible et en même temps, d’une humanité folle. Être seule au milieu de tous, être tous. Ces sentiments contradictoires, ne pas supporter.

Se rendre compte ce que peut être l’attente quand pour d’autres, elle est fini. Vivre l’Histoire au travers de l’histoire. Vivre dans la peur et l’espoir douloureux dans une ville en fête. Vivre encore alors que l’on apprend l’existence des camps de concentration.

 » On est en aout 1944. C’est au printemps seulement qu’on verra. L’Allemagne perd ses conquêtes, mais son sol reste inviolé. Rien n’a encore été découvert des atrocités nazies. Ce qu’on craint pour les prisonniers c’est la fantastique débâcle qui s’annonce. Nous sommes encore purs de tout savoir sur ce qui s’est passé depuis 1933 en Allemagne. Nous sommes au premier temps de l’humanité, elle est là, vierge, virginale, pour encore quelques mois. Rien n’est encore révélé sur l’Espèce Humaine. »

Et cette vie qui revient, ce combattant revenu de la mort. Résistant. Résistant, premier sens du terme. Résistant à la mort, a l’horreur, a l’atroce. Glaçant.

C’est cela que Marguerite nous raconte. Elle se sent faible, elle a honte mais son témoignage est fort. Omniprésence de la vie et de la mort. La mort de Marguerite, la perte de l’espoir, le mécanisme de la vie.

J’ai moins aimé la deuxième partie sur Rabier. Sur cet homme de la gestapo. Pour autant, cela donne un exemple de ce qu’était la résistance. La vie avec la peur.
Récit court, il est marquant et captivant.

A lire, immanquablement.

 

 

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4 commentaires

  1. Tentée depuis un moment de le lire, je suis tombée dessus à la Médiathèque mais je l’ai mis de côté, « pas le moment ».
    Je pense quand même que je vais me laisser allée à le lire. D’autant que j’aime beaucoup, en général, l’écriture de Duras.

    • C’est certain que ce n’est pas le plus facile. Mais il permet d’un peu mieux comprendre cette période et la fin de la guerre ( je pensais encore naïvement que c’était la fin de la guerre du jour au lendemain…)

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