Bribes de vie, Lecture

Ce que la grossesse a changé…

  • Mon rapport à mon corps: 

J’ai toujours été complexée par mon corps. Je n’aimais pas mon ventre mou, mes genoux, la micro cicatrice sur mon nez ou que sais -je ! Au début de la grossesse, j’étais tétanisée par l’idée des vergetures. J’avais peur des changements de mon corps. Et puis il y a eu la rupture, le retour au moi, « seule ». En une nuit, tout a explosé et mon ventre s’est retrouvé à me proposer le réseau ferroviaire français. Évidemment, ce n’est pas très beau pourtant je n’ai jamais été aussi bien dans mon corps. Je le trouve beau ce ventre strié. Je continue à mettre du beurre de Karite et des huiles pour en prendre soin, mais je ne suis plus effrayée. Je trouve que finalement, avec du recul, j’aime mon corps. J’envisage de faire du sport, de continuer à en prendre soin mais je ne me sens plus complexée ou contrainte.

  • La péridurale: 

Je fais partie de ses filles qui crient leur amour pour la péridurale depuis le 1er jour de la grossesse. Si promis, c’est vrai. D’ailleurs, quand les semaines passent et que tu vois ton RDV chez l’anesthésiste retardé, tu as peur de ne pas avoir le temps et de ne pas y avoir droit à ta péri.

Et ton RDV arrive! T’es toute contente, tu touches du bout des doigts le Saint Graal… et tu ne sais pas ce qui se passe mais quand t’es devant l’anesthésiste, tu lui dis que tu ne sais pas, que tu ne penses pas y avoir recours. Tu l’écoutes sagement et distraitement, tu n’en as plus rien à faire de ta péridurale. MAIS QUOI ?

Pourtant, il t’explique que c’est moins douloureux, que la majorité des femmes y ont recours en France, il te prescrit une prise de sang pour vérifier que tout va bien et que ton sang coagule bien. Tu dis « oui, ok. » mais dans ta tête, tu t’en fous complétement. Tu te dis que tu t’en passerais bien. Pourtant, dans ton dossier, c’est noté, jusqu’au 7 Mars 2016 tu as toujours dit que tu en voulais une.

C’est vrai tout le monde t’en parle, il en faut une, ABSOLUMENT. A la rigueur, ton RDV c’est un RDV de routine car c’est comme ça, on a une péridurale comme le Longchamp pliage, au collège/lycée. Tu as toujours dit « oui » parce qu’on te l’a présentée comme indispensable. Une sorte de phénomène de société, avant même d’accoucher, tu le sais : tu la veux. A aucun moment, on ne t’a demandé ton avis. Tu n’y as jamais réfléchi et tu ne t’es même pas renseignée. La question de la péri n’en a jamais été une, c’était plus  » Je suppose que vous souhaitez avoir recours à la péridurale » ou  » alors tu l’as eu ton RDV chez l’anesthésiste? » Parmi tes copines qui ont accouché, certaines y ont eu recours, d’autres pas. Personne n’est mort dans les affres de la douleur éternelle. En vrai, ça dépend.

Et en fait, non. En fait, tu en veux une si vraiment c’est long et douloureux. Tu en veux une en fonction du déroulement de ton accouchement, tu ne sais pas comment ça va se passer. Il te le dit, en urgence, on peut avoir recours à une césarienne, à ceci ou à cela. En fait, tout est flou et tu comprends que ton accouchement, ça va être l’imprévu total et que là, maintenant, tout de suite, tu ne sais pas si tu la veux absolument. D’ailleurs, tu ne sais pas si tu vas pouvoir y avoir droit.

  • Accepter le « papillonnement » professionnel

D’un point de vue « professionnel », je suis très éparse. Pendant longtemps, la multitude de projets qui m’envahissait me gênait. J’avais l’impression d’être instable  ou de ne pas « m’être trouvée ». Je percevais cela d’un mauvais œil et j’avais l’impression qu’à aimer différentes choses, je n’aimais rien. Finalement, j’ai accepté que l’on pouvait avoir une multitude d’idées, de s’ouvrir au monde et d’avoir envie de faire plusieurs choses sans être pour autant « instable », sans que ce soit mal perçu. Je compte faire un article plus étendu sur le sujet, mais j’ai arrêté de me battre contre moi-même. Et ça fait un bien fou.

  • Avoir confiance

Je ne suis pas très confiante, très angoissée par tout, j’avais l’impression de subir. J’ai toujours cru que j’avais besoin de repères et d’organiser les choses pour ne pas me laisser dépasser par les événements car je ne me pensais pas capable de gérer en cas d’imprévu. Pendant longtemps, j’ai cru que mon copain était mon pilier, mon phare dans les méandres de ma vie, celui qui me permettait de garder le cap. Finalement, notre rupture – aussi tragique soit elle par ses conséquences- m’as permis de voir que j’étais plus forte que ce que je pensais. Plus libre aussi et que le phare, c’était moi. Finalement, j’ai confiance en demain, j’organise les choses, mais je ne les subis pas. Et je suis bien plus mâture et construite que ce que je pensais.

Et pour la première fois depuis l’an 1 après ma naissance, je n’ai pas envie de programmer. Pour la 1er fois, je vais laisser les choses aller et voir au moment venu. Peut-être que finalement, cela m’a juste fait grandir!

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2 réflexions au sujet de “Ce que la grossesse a changé…”

  1. La combativité, la pugnacité, le courage, la joie, la détermination, les convictions – tu incarnes tout ca. Demain c’est la journée de la femme. Tu pourras t’y reconnaitre.

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