Bribes de vie, Lecture

Les mères qui travaillent sont-elles coupables ? Sylviane GIAMPINO

  Il fallait bien que cela arrive : combiner maternité ET livre. ( Et ce n’est que le début!)

J’ai acheté ce livre sur les conseils d’une lectrice du blog et je vous avoue que j’ai mis un peu de temps à le lire car s’agissant plus d’une étude, on accroche moins qu’avec les personnages de Hanan El-Cheikh.

Cependant, c’est très intéressant. On apprend beaucoup de choses et cette lecture « à distance » permet de prendre pas mal de recul. Attention, l’article va être un peu long ( je vais vous mettre des photos de chats pour faciliter la lecture! ahahaha)

  • Un ouvrage  de féministe acharnée?

Absolument pas! J’avais eu peur de me retrouver devant un livre féministe à mort etc etc…et non. Selon l’auteure, le problème est sociétal et porte plus sur nos conceptions du bien-être d’un enfant : « Au moins peut-on dire que les hommes, les femmes et la société sont à égalité sur un point : leur refus de réviser leur conception du bien-être des enfants au regard de la nouvelle donne que constitue le travail féminin.« 

Par ailleurs, l’ouvrage est d’autant plus intéressant car il laisse sa place au père. Ainsi, on n’a pas la vision archaïque de la relation mère-enfant comme innée voire primordiale, le père retrouve un rôle équivalent dans le développement de l’enfant. Je trouve cela important.

  • Un ouvrage exclusivement destiné aux femmes qui travaillent ?

Là encore, j’ai été surprise car « les femmes au foyer » ne sont pas déconsidérées comme elles peuvent souvent l’être. Ainsi, ce n’est pas parce que l’ouvrage pose la question des mères qui travaillent que « les femmes au foyer » sont laissées pour compte. Pour autant, l’auteure souligne que cette image négative ou plus exactement négligée de la femme au foyer vient souvent de la femme elle-même ou de son entourage.

Ainsi, la banalité des tâches ménagères tend à nous faire croire que ce n’est rien…pourtant, il faut bien les faire. On peut ainsi lire : « Étonnamment, pour beaucoup de femmes,l’association entre une activité professionnelle en dehors du foyer et une bonne image physique d’elles-mêmes est immédiate. Implicitement, partir au travail implique de se maquiller, de s’habiller, alors que rester à la maison est pour elles synonyme de laisser-aller; la peur de grossir revient très souvent. Elles redoutent le repli et l’absence de regard extérieur. »

J’avais d’ailleurs lu des articles de bloggeuses ici et sur les mamans à la maison. Être à la maison ne signifie pas nécessairement être « inactive » ou ne rien faire, bien au contraire! Je vous cache pas que si je pouvais travailler depuis la maison, vivre de mon blog ou que sais-je encore, j’en profiterai également ( mais je dois aussi avouer que mon boulot de prof me manquerait TROP ).

  • L’éloge de l’équilibre et du partage.

Le questionnement de la société et de notre rapport à celle-ci nous conduit à la question du partage. Le bien-être de l’enfant passe par celui du parent et il semble que le bien-être du parent soit corrélé au partage dans la prise de décision.
Il semble dès lors nécessaire que les décisions soient prises ensemble par les deux parents afin d’éviter que l’un porte seul la responsabilité du choix fait déséquilibrant la team famille.
Ainsi, « se désimpliquer d’une prise de décision, ça vous maintient à l’abri des doutes sur le choix effectué, à l’abri aussi de la responsabilité personnellement engagée sur les conséquences de ce choix. » et « le non-partage des responsabilités à l’égard de l’enfant se construit à chaque fois que l’un des parents se dégage du processus de décision. »

Ces quelques phrases ont une résonance particulière compte tenu du contexte dans lequel je termine ma jolie grossesse. Le papa s’étant totalement désimpliqué : il n’a pas participé au choix du prénom, il ne participe pas au choix du mode de garde, je n’ai aucune observation sur la garde parentale etc …Est-ce que j’ai voulu l’écarter des prises de décisions?
Inconsciemment peut-être que ce manque d’implication m’arrange bien puisque cela évite les conflits avec le papa mais pour autant, cela ne justifie pas qu’il ne pose aucune question et accepte chaque choix sans discuter (ce qui me blesse beaucoup en tant que « future maman »).
Ce manque d’implication me pèse et c’est surement pour cela que je demande souvent l’avis d’une tierce personne : maman, ma supercopinemaraine, les autres copines, les frères et la soeur, les mamans du groupe des avrilettes 2016… Être rassurée dans ses choix pour le bien-être du bébé tel est le bénéfice du partage dans la prise de décision. L’échange fait déculpabiliser : peut-être que le choix n’était pas le meilleur mais en discuter permet de l’analyser sous différents angles et ainsi de se dire que l’on a fait au mieux.

  • Des solutions miracles ?

Absolument pas! On ne nous donne pas de solution miracle, on nous montre juste les dysfonctionnement de la société, ses contradictions. On démonte certains préjugés et on nous fait déculpabiliser : la mère n’a pas à tout porter. Elle n’a pas besoin d’être une wonderwoman en puissance et de prouver au monde entier qu’elle peut être à la fois  maman, femme, épouse, active etc etc … Tout cela peut se mélanger en étant soi-même et en faisant ce que nous pouvons, et ça c’est bon pour soi ! 

Se réapproprier le temps et nos priorités en toute liberté sans subir les lourdeurs, préjugés et attentes de la société. Et devinez ce que nous dit l’auteure?

« Les enfants, parce qu’ils ne marchent pas comme les grands, sont humanisants. Ils symbolisent le contrechamp possible d’une société éprise d’efficacité qui se contente de presser la raison et refuse de penser humainement. Penser humainement, c’est penser dans la globalité et avec sensibilité sur le sens de ce que l’on fait, sur les relations et sur l’avenir. »

Et cette conclusion ne peut que me plaire ( Je vais finir par vous souler avec mon « humanisme » permanent!)

Bonne journée les petits pois!

 

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