Bribes de vie, Lecture

Comme dans les films


Aujourd’hui, fête du travail, voilà un mois que tu es là. Maintenant, la fête du travail, c’est la fête de mon travail à moi. C’est toi, en fait.Pour tout te dire, j’ai eu besoin de ce mois. Comme une idiote que je suis par moment ( restons indulgents), je pensais qu’à ta naissance, j’aurais une vague d’amour qui remplirait le ventre vide que tu me laissais. Comme dans les films.

Mais non.

Pourtant, je me souviens de quand tu es née. De tes yeux ouverts, de ta peau chaude contre ma joue. De mes larmes. J’aurais pu mourir à cet instant, tu étais là et ça me suffisait. La première pensée qui m’a traversée l’esprit, c’était : « Maintenant, c’est toutes les deux, pour toujours et le monde. » Et puis, on t’a éloignée de moi.

C’est quand je t’ai vue partir que j’ai compris que tu n’étais plus dans moi et surtout que j’étais devenue une maman. L’angoisse arrive à ce moment là. Et si on la volait? Et s’ils la faisaient tomber? Et si je ne remarchais jamais?

En fait, je marche encore et on ne t’a pas volé. Mes relations étant ce qu’elles sont avec ton père, j’ai peur qu’on te vole, qu’on t’arrache à moi. Tu n’imagines pas combien j’ai peur de cela. Mais pour être honnête, parfois, je me demande si je t’aime. Comme dans les films.
Je suis submergée. J’ai parfois envie de t’abandonner à tout jamais contre une nuit complète de sommeil. Et puis je pleure parce que cette pensée a traversé mon esprit.Combien de larmes versées? Celles où je me dis que tu es vraiment là, vivante. Celles où je pense (encore) à ce que rate ton papa. Celles où je pense à ce qui nous attend. Celles où je me dis que tu es le bonheur. Celles où je suis fatiguée. Comme dans les films.

Je veux te réveiller quand tu dors car tu me manques, j’ai l’impression qu’on n’est pas ensemble. Je peux faire ce que je veux de mes mouvements, même lire un livre. Mais je n’y arrive pas, je culpabilise parce que je pense à moi, je fais quelque chose « pour moi ». Je n’ai pas encore compris qu’être maman, c’était aussi lire un livre quand son bébé dort. Et quand tu ne dors pas? J’ai envie que tu dormes parce que c’est écrit : tu dois dormir entre 16h et 20h par jour et que j’ai peur que tu n’aies pas ton compte de sommeil. Mais aussi parce que je ne sais pas encore bien ce que je dois faire avec toi, une fois que tu as les yeux ouverts. J’ai peur que tu ne respires plus. Je me réveille la nuit pour vérifier que tu respires, comme dans les films.

J’ai envie que tu dises « maman » dès maintenant, j’aime qu’on me dise que « tu reconnais ta maman, tu la suis des yeux ». J’ai peur que tu préfères les autres personnes que moi, je suis vite agacée quand on te prend trop dans les bras, quand tu arrêtes de pleurer dans les bras de ta grand-mère alors que tu as percé 25fois mon tympan avec tes cris. J’aime bien la nuit, la nuit ce n’est que nous deux et puis, je te nourris et personne ne peut le faire encore. Cela me rassure.

Je n’ai pas une vague d’amour qui m’a rempli le ventre. Déjà, du ventre j’en ai presque plus. Et puis, surtout, c’est pire que de l’amour, c’est de la vie.

Et ça ne fait qu’un petit mois.

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