Vous n’aurez pas ma haine – Antoine Leiris

J’ai acheté ce livre à TOULOUSE après en avoir lu la critique par Cristina.
J’étais intriguée et j’ai lu d’une traite.

Sur plusieurs jours, le lecteur suit le quotidien d’un homme frappé par les attentats du Bataclan. Il perd son amour, sa femme, la maman de Melvil. Il perd l’astre autour duquel sa vie s’est construite.

Ce récit est la plus belle déclaration d’amour que j’ai pu lire à ce jour. Il offre l’éternité à celle qu’il a épousé et lui donne l’apparence d’une fée. Il raconte comment la vie suit son petit bonhomme de chemin malgré la disparition, comment son fils orchestre la survie.

C’est un récit intelligent et sage. C’est l’histoire d’un homme qui a encore de l’amour a donné au milieu d’une vie à reconstruite. Un homme qui ment aux mamans de la crèche par gentillesse, un homme qui saute dans une flaque. C’est beau.

On y rencontre aussi l’angoisse d’un parent qui se retrouve seul avec son enfant. Un enfant bousculé par la vie alors qu’il ne devrait être qu’innocence. Et ça, ça a eu beaucoup d’échos en moi.

 » Et tout à coup, j’ai peur. Peur de ne pas être à la hauteur de ce que l’on attend de moi. Aurais-je encore le droit de ne pas être courageux? Le droit d’être en colère. Le droit d’être débordé. Le droit d’être fatigué. Le droit de boire trop et de fumer encore. Le droit de voir une autre femme, de ne plus voir d’autres femmes. Le droit de ne plus aimer, jamais. De ne pas refaire ma vie et de ne pas en vouloir une autre. Le droit de ne pas avoir envie de jouer, d’aller au parc, de raconter une histoire. Le droit de faire des erreurs. Le droit de prendre des mauvaises décisions. Le droit de ne pas avoir le temps. Le droit de ne pas être présent. Le droit de ne pas être drôle. Le droit d’être cynique. Le droit d’avoir des mauvais jours. Le droit de me réveiller en retard. Le droit d’être en retard à la sortie de la crèche. Le droit de rater les petits plats « maisons » que je tenterai de faire. Le droit de ne pas être de bonne humeur. Le droit de ne pas tout dire. Le droit de ne plus parler. Le droit d’être banal. Le droit d’avoir peur. Le droit de ne pas savoir. Le droit de ne pas vouloir. Le droit de ne pas être capable ». (p.106/107)

Je vous conseille de le lire, il se lit rapidement et libère une certaine énergie, une volonté de vivre.

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