Bribes de vie

Du doute

Un mois sans laisser une trace, ici.

Que le temps passe et j’ai cette impression que tout va trop vite, que je n’ai le temps de rien, que je suis saisie à la gorge et dans le même temps, j’ai l’impression que tout est figé. GENRE FIGE. Que rien ne bouge, comme le livre qui prend de la poussière sur ma table de nuit. Table de nuit que j’aurais du poncer et peindre. Peinture que j’aurais du acheter, il y a un mois déjà.
Pourtant, non, le paysage est froid, j’ai de nouveaux chaussons doux, j’ai sorti les manteaux et les chaussettes pingouins. Ma fille a un collant sous son pantalon pour affronter le froid matinal corrézien.
Non, il ne s’est pas rien passé durant ce mois. Durant ce mois, moi qui vous bassine avec mes classes d’ados en crise, j’ai douté. Douté de mon métier, douté de ma vie et de la direction qu’elle prenait.
J’ai douté de l’utilité de ma présence en classe, j’ai été dégoutée par le travail non rendu, les rendez-vous avec les parents. Dégoutée par la réforme des programmes, la pression des inspecteurs, le nombre de formation, les mises à jour, les doutes et les questions auxquelles je ne pouvais pas toujours répondre, dégoutée par l’AP, les tensions entre prof, les profs fatigués avant la rentrée de la quantité de travail demandée, fatigués de l’insolence, de l’impuissance et du manque de considération et de respect de l’Institution à notre égard.

Combien de fois me suis-je réveillée avec la sensation étrange d’être prise à la gorge? Comme si l’on avait essayé de m’étrangler.

Peut-être qu’il faut que je travaille moins. Entre les formations, le DU à distance, le concours, les cours pour mes fleurs des îles, les corrections de copies. Mais je crois, que j’ai surtout besoin que l’on nous laisse tranquille, que l’on arrête de « nous guider » dans notre métier, de tracer des chemins, des voies, de nous imposer une philosophie de travail, une philosophie pédagogique, que l’on arrête de limiter notre travail d’enseignant. Que l’on arrête de nous brider, de brider ce que nous sommes. Aucun enseignant n’est égale à un autre et ne pourra l’être, nous sommes tous uniques, alors oui, peut-être doit-on arrêter de nous voir comme machines de l’Etat, robots sans âme.

Et puis, cette crise de la foi n’a pas surgi seulement du doute dans mon métier. Non, elle s’est manifestée par un pincement au cœur en passant devant un lieu de culte, le besoin de prier. Si croire a toujours été plus ou moins une évidence, il me semble que je n’avais jamais ressenti le besoin physique de l’éprouver, de trouver un cadre. Et cela me travaille, beaucoup. Le doute.

 

 

 

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