Divorce à la musulmane à Viale Marconi – Amara Lakhous

4ème de couverture :

Chargé de démasqué un réseau terroriste dans le cadre de l’opération  » Little Cairo », Christian Mazzari, paisible interprète de l’arabe, quitte son identité sicilienne pour prendre celle d’Issa, Tunisien fraîchement débarqué à Rome.
Alors qu’il goûte les joies de la colocation à douze, sa route croise celle de Sofia ( en réalité Safia), jeune mère égyptienne dont les rêves d’accomplissement se heurtent à la dévotion religieuse de son mari.
Les réflexions de Safia/Sofia sur la place de la femme dans un monde où l’homme est à la fois  » adversaire et arbitre » résonnent avec celles de Christian/Issa, aux premières loges de la précarité silencieuse mais néanmoins solidaire. ET quand la belle aux airs de Sofia Loren tombe au hasard des jours sur le  » Marcello arabe », la satire sociale prend des airs de comédie italienne.

 

Le roman est drôle et bien construit. Cependant, les personnages sont parfois une excuse à des réflexions plus politiques. Un constat amer sur le monde et la perte d’humanité de nos sociétés.
On sent le besoin de dire les choses, parler de l’Islam, des extrémismes, de l’excision, des difficultés liées aux identités de chacun : jongler entre le pays d’origine et le pays d’accueil. L’image de l’ El dorado européen qu’il faut inlassablement continuer de nourrir. Et les enfants qui ne sont jamais que  » des autres » dans chacun des pays constitutifs de leur identité. D’autres sujets comme le sort des étudiants et les maux de la précarité dont certains font commerce sont évoqués.

Pourtant, cette sombre critique ressemble à une telenovela, c’est la méditerranée : ça fourmille, ça grouille…c’est sacrément vivant! Le roman a l’instar des rues italiennes part dans tous les sens. Il y a des cris, de l’amour, du divorce, des enfants, des portes ouvertes, des plats partagés et une très grande solidarité. Évidemment, il n’y a pas que le Mektoub, il y a aussi des bouleversements

qui rendent le roman piquant et savoureux.

Roman polyphonique dans tous les sens du terme. Plusieurs voix, celle de Christian, de Safia, d’Issa et de Sofia mais aussi du sicilien, de l’arabe et le tout retraduit de l’italien au français par Elise Gruau.

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