Je suis Jeanne Hébuterne – Olivia Elkaim

J’ai rencontré Olivia lors de la Foire du Livre de Brive, c’était une parenthèse dans cette jungle qu’est cet événement ( mais une jungle de Livres, c’est assez cool). Douce, avec une voix que l’on a envie d’écouter longtemps, c’est comme ça que nous avons échangé rapidement autour des femmes, des mamans, de ces sujets qui sont un gouffre de questions en suspens.

Ici, nous avons un roman qui se lit à une vitesse folle. Folle comme la course de Jeanne. Les phrases sont courtes, rythmées. On court avec Jeanne, on fuit avec Jeanne. On fuit le gris, on fuit la vie prévue, on cherche l’absolu, le grandiose, on cherche à embrasser tout.
L’écriture est un parallèle avec l’histoire racontée de la vie de Jeanne. Si l’écriture a quelque chose d’enfantin, de léger et candide au début, ce n’est plus le cas à la fin du roman. On début avec

Hier soir, je suis tombée amoureuse d’Amedeo Modgliani.

Et on termine avec bien plus de lourdeur et de rondeur.
Jeanne qui se consume courant à pas de géant vers un tragique destin, qui l’embrasse, l’avale. Ce n’est pas elle, c’est le sort comme pour Oreste, dans Andromaque

Puisque après tant d’effort ma résistance est vaine,
Je me livre en aveugle au destin qui m’entraîne.

Jeanne est victime de l’amour, l’amour l’enlève sur son dos. L’amour, le gouffre de liberté, de possibles dans lequel elle s’engouffre avec une faim inassouvie. Jeanne, se fissure. Jeanne traverse les années comme les siècles, tout va vite. C’est une tornade et pourtant elle semble rester droite et forte quand tout s’effrite autour d’elle. Elle a les yeux de l’artiste, le sens du beau…le reste? Le reste n’est que superflu.

Des stalactites sont apparues sur la verrière. Leur éclat bleu me fascine. J les observe pendant des heures fondre et se ressaisir dans la froidure protéiformes.

Il y a une frénésie à exister, à vivre, à savourer selon notre convenance, avec les règles que nous nous fixons, en dehors des chemins tracés pour nous. Une injonction a être soi envers et contre tout. Ou presque.

Départ, exil.
Toutes nos affaires tiennent dans la petite valise en carton bouilli avec laquelle Amedeo est arrivé à Paris en 1906.
Nous ne sommes propriétaires de rien.

Une belle lecture.

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