Inventer sa vie – Jean-Louis Etienne

Comment ne pas résister à l’appel d’un tel titre? Comment ne pas rapidement céder à la puissance des pages? Encore une fois, on nous parle d’aventure. De découverte, des hommes, de la vie, de l’amour, du monde. Ce mot qui me séduit tant depuis des mois, qui revient comme une obsession.

L’aventure est ce qui doit advenir, un destin, un chemin qui se fait en avançant, semé de hasard et d’épreuves. Quelle autre définition donner à l’existence même?
[…]
L’aventure, c’est avant tout l’acceptation de l’incertitude et une longue persévérance, la lutte contre la tentation de l’abandon ou le repli sur l’échec. C’est une part de renoncement au confort sécurisé. Un confort qui retient comme une ancre flottante et se paye par des regrets sourds, des frustrations d’envies restées dans le placard.
Dans le monde contemporain, où l’on est ligoté par la précaution, fragilisé par l’obsession de la sécurité, sortie de la cohorte devient de plus en plus difficile à concevoir.

Un abécédaire, des définitions, des réflexions. Des idées. Des mots sur des sensations, des intuitions que l’on peut avoir.
Je ferai probablement une piètre exploratrice d’étendues enneigées – notamment parce que je n’aime pas le froid – pourtant, je me suis sentie concernée à chacune des pages. J’en ai envoyé des bribes aux copines, lu des lignes aux collègues. Bref, c’est beau.

« Boîte à outils » est un mot que j’emploie souvent, un de mes arguments pédagogiques favoris. Il y a tout dans ma boîte :
Boussole : pour suivre le chemin du bon sens.
Camping: pour partir quand l’envie se présenter et savoir dormir n’importe où.
Musique : le langage universel.
Crayon, papier : pour dessiner et écrire car les mots mettent au monde.
Menuiserie, mécanique, couture : savoir fabriquer, construire, réparer afin d’être autonome dans ses relations avec les objets.
Anglais : obligatoire car le monde s’ouvre à nous.
Argent : assez pour agir et ne pas subir; au-delà, risque de dépendance.
Ordinateur : la communication universelle.
Endroit solitaire: pour ne pas se perdre de vue.

Ces derniers temps, lire est un passe temps luxueux auquel je n’ai très peu droit ( merci l’année de titularisation) mais celui-ci me suit partout. On peut lire de la première page à la dernière ou choisir en fonction des mots de la Table, à la fin. Ce sont des petites bulles qui font sens, des moments d’évasion.

L’écriture permet la résurrection d’un moment que la nostalgie revisite et la mélodie des mots choisis transcende la fugace émotion du vécu.

C’est une lecture apaisante. Une de ces lectures dans lesquelles on se blottit comme on ferait un câlin.

Tout au long de ma vie, j’en ai connu, qui font le choix de la route qui n’existe pas, la leur, unique. Toutes les femmes que j’ai aimées furent de cette trempe. Des aventuriers, des artistes, des écrivains, des décalés en sorte. N’importe où, les décalés sont d’ailleurs. Partout, ils sont chez eux, ceux dont la vie est leur oeuvre.

Publicités

un petit mot?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s