Become who you are – 1 –

Là, c’est moi. Moi avec un livre. Moi avec bientôt vingt-huit années. Moi, maman, professeure, amie, copine, femme. Là, c’est moi.
Avec un piercing matinal et un tatouage floral. Sans fond de teint, sans masque.

Il aura fallu un certain nombre d’années pour que là, ce soit moi.

Après les complexes adolescents, les leurres et les peurs. Après avoir voulu plaire à tout prix aux parents, après avoir eu peur de les décevoir de n’être que ce que je suis. Après avoir été déçue, après être allée chercher ce qui ne me correspondait pas. Je suis bien sans maquillage, avec maquillage, en sweat, en robe, en jean déchiré, en basket, en talon, nue ou en jogging.

Après avoir crier, pleurer, foutu le bordel partout où je passais à coup de grand gestes et de rires sonores, je peux rester silencieuse et discrète.

Après avoir nier mon côté intello et mon cerveau, j’apprends à comprendre son fonctionnement et sa tendance à la disproportion.
Après avoir nier les émotions et les avoir méprisées, j’essaie de les nommer, de les comprendre et de les accueillir. C’est long et casse gueule, j’ai tendance à tout vomir puis m’endormir, mais je sens que je vais réussir.

Il aura fallu ce tatouage le 8 Mars, journée des droits de la femme. Ce tatouage dont le prix était reversé à l’association La Maison des femmes, pour que je prenne conscience que mon corps et ma tête ne faisaient qu’un, que c’était moi et que ça m’appartenait, pour toujours. Il a fallu qu’une pivoine close s’installe sur mon bras pour cette cause que je défends tant dans ma tête pour que je me souvienne que je suis une femme engagée et politisée. Il aura fallu un certain nombre de mois pour me rappeler que sommeille depuis toujours cet esprit militant quelque part dans mes tripes.

Être soi, c’est aussi faire tomber des barrières et envoyer son manuscrit. Et recevoir un courrier annonçant le projet de publication de mes poèmes. Ceux qui font le lien entre avant et maintenant, ceux qui sont nés depuis ma séparation et qui ont vu naître l’Enfant.

En deux ans, il y a eu la naissance de l’Enfant, mon CAPES, ma titularisation – stressante à n’en plus pouvoir – , l’amour des élèves que je ne remercierai jamais assez d’être aussi fantastiques, les copines, les rencontres, les livres à moitié lus, les livres non lus, les livres dévorés, les mots échangés et un piercing au tragus pour que j’écrive enfin :

Là, c’est moi. Moi avec un livre. Moi avec bientôt vingt-huit années. Moi, maman, professeure, amie, copine, femme. Là, c’est moi. Avec un piercing matinal et un tatouage floral. Sans fond de teint, sans masque.

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2 commentaires

  1. Coucou Ernestine, contente d’avoir de tes nouvelles (j’avais disparu du web pendant quelques mois, j’ai pas tout suivi…), et surtout qu’elles soient si jolies. Bravo pour la publication des poèmes, ça doit être une grande satisfaction, et un beau présage pour l’avenir…

    • En regardant sur ton blog, j’ai vu que tu avais disparu 😉
      Contente de ton retour !!!
      Merci pour ton message, j’espère que les petites têtes sont en forme

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