Bribes de vie

Roman

Ecrire, quelques questions qui m’ont été posées. N’hésitez pas si vous en avez d’autres.

  • Est-ce que j’écris par projet? Non, écrire, c’est mon truc. Parfois des poèmes, d’autres fois des phrases. Cette fois, c’est un roman. Une sorte d’auto-fiction avec des bribes de souvenirs dedans. C’est impressionnant ce que l’on peut créer à partir d’une odeur, d’un bruit ou de la couleur d’une porte.
  • Est-ce que j’écris seulement sur ce que j’ai vécu? Non. J’invente des histoires, des contes et des poèmes. Cette fois, j’écris en pensant à d’autres. En pensant à ma cousine, S. A mes frères et à ma sœur. A ma fille, aussi.
  • Est-ce que j’écris chaque jour ? Non. Je n’ai clairement pas le temps. C’est peut-être aussi ce qui fait le charme de ces moments d’écriture. Je les vole au temps.
  • Est-ce que j’ai toujours envie d’écrire ? Probablement. Il y a quelque chose de mystérieux, les phrases, les mots percutent parfois l’esprit si bien qu’il nous est impossible de faire autre chose que les écrire. Notre cerveau est incapable de passer à autre chose tant que les mots ne sont pas sortis. D’ailleurs, il y a un geste exutoire dans le geste d’écriture. On vide.

Alors voilà, la première page de l’histoire que j’écris, actuellement.

J’étais sur le pas de la porte. Le vent froid me mit une claque. Il était particulièrement violent. C’était claque ou douche froide. A choisir, j’avais préféré rester sèche quitte à avoir les joues rougies. Je sentais, sur ma peau, les picotements chauds du froid quand en dessous, raisonnait un BOUM de liberté. 

*

Je me levai avec l’envie d’écrire ma grand-mère comme si je pouvais la rattraper. J’avais, la veille, encadré une photo que j’ai retrouvée par hasard au détour de mon déménagement.

Son foulard bleu et violet sur la tête laisse dépasser quelques mèches noires, teintées au henné par ses soins. Elle est assise devant un plateau avec sa cafetière. Elle est immortalisée dans cette posture. Dans chaque souvenir, elle a ce plateau. Déjà âgée sur cette photo, elle a le regard d’une enfant. Sa taille aussi s’approche plus de celle de l’enfant que de celle de l’adulte, elle, si petite derrière son fameux café au lait. C’est surement d’elle que je tiens cette passion pour l’or noir. Cette impression d’être à la maison dès qu’une odeur de caféine se fait connaître à mes narines. 

Cette grand-mère est un mystère dont je ne connais que le prénom. La barrière de la langue l’enrobe d’une aura magique. Impossible de la saisir, elle semble vivre dans un autre monde, dans un monde qui lui est propre. Elle semble flotter. C’est ce monde qui vient cogner le mien au détour d’un cadre repeint. Cette photo date de plusieurs années, véritablement. Sûrement l’hiver 2011.

Il y a des images et des odeurs qui s’entrechoquent quand je fixe son portrait. Comme si elles venaient frapper derrière la vitre de mes yeux. Je les détourne mais le bleu du cadre m’appelle, les trois verres s’apprêtent à recevoir leur traditionnel breuvage. Je m’attends à ce qu’elle me parle, qu’elle me raconte. J’attends les mots qui ne sortent pas. C’est elle qui attend, c’est elle qui veut que je raconte. La tête penchée vers la droite, elle m’invite à raconter l’histoire et l’oubli, à mettre des mots sur la nébuleuse que constitue ces dernières années.

LahbibiE.

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